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D'où vient l'abaya ? Histoire d'un vêtement, de la Mésopotamie à Riyad
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De la Mésopotamie à Riyad, l'histoire de l'abaya et ses variantes dans le Golfe.
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De la Mésopotamie à Riyad, l'histoire de l'abaya et ses variantes dans le Golfe.

L'abaya n'est pas née en Arabie saoudite. L'idée d'un vêtement qui couvre la femme dans la rue remonte à la Mésopotamie antique, et le noir est d'abord une histoire irakienne. C'est pourtant en Arabie que l'abaya est devenue un vêtement national, puis un terrain de création, avec Riyad pour centre. Voici son histoire, et ce qui distingue aujourd'hui les abayas du Golfe.
L'abaya est une robe ample portée par-dessus les vêtements. Elle prend deux formes : un grand rectangle de tissu drapé depuis les épaules ou la tête, ou un long manteau à manches, ouvert ou fermé (Wikipedia). On la croise aujourd'hui bien au-delà du Golfe, jusqu'au Maghreb et en Europe.
Son histoire tient en trois temps : une idée très ancienne venue de Mésopotamie, un manteau tissé avec des fils de toute la région, puis une pièce que l'Arabie a faite sienne.
Une idée très ancienne. Les lois médio-assyriennes, élaborées entre environ 1450 et 1250 avant notre ère, imposent déjà aux épouses et aux filles d'un homme libre de sortir la tête voilée, et l'interdisent aux servantes (Wikipedia). Ce n'est pas encore l'abaya, mais le principe d'un vêtement qui couvre la femme hors de chez elle existe déjà, dans l'actuel Irak.
Un manteau d'homme, tissé avec des fils venus d'ailleurs. L'abaya ancienne de l'Arabie centrale était en laine épaisse, coupée en rectangle, sans manches, avec deux petites ouvertures pour les mains. Dans le Najd, autour de Diriyah, on l'appelait bisht, qu'elle soit portée par un homme ou une femme, selon l'historienne du costume Laila Al-Bassam (Arab News, 2025). Le grand centre de tissage était Al-Ahsa, dans l'est du pays, où est né le bisht. Ses ateliers travaillaient le poil de chameau et la laine de mouton, mais aussi des fils importés de Bahreïn, d'Inde, d'Iran, d'Irak et du Levant, et de la soie venue de Syrie et d'Inde (Saudipedia).
Le noir, une histoire irakienne. À l'époque omeyyade, en Irak, le poète Miskin al-Darimi chante une femme voilée de noir ; le quotidien saoudien Al Watan voit dans ces vers une première « publicité » pour l'abaya noire (Al Watan, 2024). L'abaya saoudienne partage d'ailleurs encore beaucoup avec celles d'Irak, du Levant, d'Égypte et d'Iran, selon le même article.
Un vêtement devenu national. Avant l'unification du royaume, beaucoup de régions ne portaient pas l'abaya : les villages du Najd avaient leurs robes, les villes du Hijaz d'autres vêtements de sortie. L'abaya noire s'est ensuite étendue à tout le pays, explique Laila Al-Bassam, professeure à l'université Princesse Nourah de Riyad (Harper's Bazaar Arabia, 2020).
De la tête aux épaules. Le tableau retrace les grandes étapes, jusqu'à l'abaya d'aujourd'hui.
| Période | Étape | Source |
|---|---|---|
| Vers 1450 à 1250 av. J.-C. | Les lois médio-assyriennes imposent le voile dans la rue aux femmes mariées | Wikipedia |
| VIIe et VIIIe siècles | En Irak, à l'époque omeyyade, la poésie célèbre le voile noir | Al Watan |
| Avant le pétrole | Un simple carré de tissu, signe de richesse | Al Watan |
| Après l'unification du royaume | L'abaya noire gagne toutes les régions | Harper's Bazaar Arabia |
| Années 1970 | Abaya de soie légère, portée depuis le sommet de la tête | Al Watan |
| Années 1980 | L'abaya noire cousue se généralise | Al Watan |
| Années 1990 | Premières broderies, arrivée de l'abaya d'épaule | Al Watan |
| Mars 2018 | La tenue devient libre, pourvu qu'elle reste décente | Wikipedia |
| Aujourd'hui | Couleurs, coupes variées, robe de dessous assortie | Harper's Bazaar Arabia |
Aujourd'hui, Riyad en est l'épicentre. L'abaya s'y porte au quotidien, le choix y est immense et le savoir-faire des ateliers y est profondément ancré. C'est de là que viennent les pièces de Qamarayn, maison d'abayas de Riyad.
| Pays | Ce qui la distingue |
|---|---|
| Arabie saoudite | Le noir a longtemps dominé, surtout à Riyad, quand Djeddah portait déjà la couleur (Harper's Bazaar Arabia). Depuis mars 2018, la tenue est libre dès lors qu'elle reste décente (Wikipedia). Les créatrices s'inspirent du patrimoine et assortissent l'abaya à sa robe de dessous. |
| Émirats arabes unis | Crêpe, georgette et mousseline, souvent dans des tons clairs comme le beige ou le blanc, adaptés au climat (Wikipedia). |
| Qatar | Abaya noire portée avec la shayla, un foulard noir en coton, parfois recouverte d'un voile léger, la ghashwa (Wikipedia). |
| Koweït | L'abaya est le vêtement de dessus du quotidien, parfois portée sur la daraa traditionnelle (Alliance Dubai). |
D'où vient l'abaya ? L'idée d'un vêtement qui couvre la femme dans la rue remonte à la Mésopotamie, et l'abaya noire est chantée en Irak dès l'époque omeyyade. Elle est devenue le vêtement de tout le royaume saoudien après son unification, et Riyad en est aujourd'hui le centre.
L'abaya est-elle obligatoire en Arabie saoudite ? Non. En mars 2018, le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré que les femmes pouvaient choisir leur tenue tant qu'elle reste décente et respectueuse (Wikipedia).
Pourquoi tant d'abayas sont noires ? L'abaya noire s'est diffusée dans tout le royaume saoudien après son unification. Aujourd'hui, les maisons de Riyad travaillent aussi le bordeaux, le brun, le bleu ou l'ivoire.
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